Mesdames, messieurs, chers amis et camarades,

 

Merci encore une fois de votre présence à ces vœux anticonformiste, qui sont attendus de plus en plus chaque année.

L’objectif est surtout de prendre le contre-pied de ce qui se veut officiel, souvent pompeux et artificiel, et qui, au fil du temps, perd de sa crédibilité.

Mais avant de passer au moment succulent de la remise de ces fameux prix, permettez-moi de faire le bilan de l’année écoulée, prioritairement à Vesoul et son agglomération, mais aussi au plan national (on pourrait aussi à l’international…).

Notre manifestation permet aussi de rétablir certaines vérités, qui ne transparaissent nulle part ailleurs.

Lors de ses vœux à la population, devant un public bien maigre, Alain Chrétien, maire et président de la CAV, dans son discours à sens unique, a mis une seule chose en avant : l’insécurité à Vesoul, et les dispositifs qu’il compte prendre pour enrayer ce phénomène.

Certes, sans minimiser les actes d’incivilité qui nuisent à la tranquillité, nous ne sommes tout de même pas encore au stade où Vesoul se trouverait sous les feux de la rampe en termes de délinquance et de criminalité, que l’on peut trouver ailleurs.

Donc, axer son discours sur ce seul sujet, c’est surtout faire semblant, ignorer les conséquences, que je qualifie aujourd’hui de dramatiques, d’une politique de droite réactionnaire, qui fait qu’à ce jour, Vesoul ne compte plus que 15 000 habitants avec le dernier recensement, soit une nouvelle perte de plus de 700 habitants. Et, pour couronner le tout, l’agglomération perd, elle aussi, 319 habitants. Donc, cette théorie de transfert de Vesoul sur les autres communes ne tient plus, et n’a jamais été totalement vraie.

Dramatique, cela est vrai à tous les niveaux ;

Une telle perte de vitesse d’un chef-lieu de département n’est pas bon pour l’attractivité supposée, en terme économique, industriel et commercial, mais aussi en infrastructures (2X2 voies, Paris/Bâle...)

 

Ce n’est pas bon pour notre économie locale, qui déjà est en souffrance, avec des dispositions hasardeuses comme le paiement des places de parking, avec le PV à 17 euros, qui, au mieux ne servent à rien et au pire repoussent encore un peu plus les gens vers les périphéries où les parkings sont gratuits, ou encore le nouveau plan de circulation qui ne répond nullement à la situation.

Aujourd’hui il y a urgence ! Au prochain recensement, combien d’habitants perdus ?

Reste-t-il encore un centre- ville commercial attractif ?

Quelle y sera la place de nos services publics qui se rétrécissent comme une peau de chagrin avec la fermeture progressive d’antennes qui, outre qu’elles répondent à un besoin seraient susceptibles d’attirer au centre ville.

La fin du Gérôme va laisser un espace considérable.

Il est temps de réfléchir à l’après- qui est aujourd’hui.

Va-t-on faire comme pour les annonciades ou les autres bâtiments (le lyonnais, Quai N°1), toujours en attente de solution, idem pour le bâtiment historique de l’ancien hôpital Paul Morel ou celui du 11° chasseur.

La municipalité ne sait répondre aux évolutions que par ablation.

 

Ce n’est pas tout de le vendre à l’encan, mais faut-il avoir une perspective. Nous avons proposé, et ceci depuis un moment, la mise en place d’une antenne universitaire, ainsi que les équipements qui vont avec, logements notamment.

Voilà une proposition qui mériterait d’être fouillée.

La baisse de la population, cela veut dire aussi l’augmentation, par habitant, du remboursement de la dette.

C’est aussi la capacité d’autofinancement amoindrie.

C’est bien sûr la diminution de l’investissement, avec son corollaire, moins d’argent injecté dans l’économie locale.

C’est aussi, de la part de la majorité politique de la ville de Vesoul, comme seule réponse, des transferts d’équipements et donc de charges financières vers la CAV (communauté d’agglomérations vésulienne), qui est déjà saturée en terme budgétaire.

Bref. Ces 20 ans de mandats de la droite, se révèlent ouvertement comme une gestion catastrophique pour l’avenir de Vesoul et sa périphérie.

Comme quoi, ceux qui nous donnent en permanence des leçons de gestion devraient se les appliquer eux-mêmes.

 

Il devrait, suite à de tels résultats, y avoir un conseil municipal extraordinaire, afin d’obtenir une majorité d’idées pour trouver des solutions ; et au-delà, préparer et engager un véritable débat avec la population sur la question qui nous est posée de l’urbanisme comme de l’urbanisation.

Pour ce qui est de l’urbanisme : Je pense que nous vivons actuellement la fin historique des centres-villes tels que l’Histoire nous les a légués comme centre de vie et de polarisation. La tendance séculaire à l’étalement urbain, l’affirmation d’une nouvelle logique du territoire, celle de l’éclatement de la centralité ancienne au profit d’un espace transitif sans identité, aux contours mobiles, extensifs et fluides fondé sur la voiture, le parking gratuit et la fonctionnalité. Le déversement urbain au-delà de ses murs sous forme pavillonnaire, des rythmes de vie accélérés qui imposent de faire vite…

On se tromperait en effet à considérer qu’un retour vers une centralité ancienne est jouable. Il nous incombe de penser et concevoir ce que doit être un centre ville qui réponde aux tendances lourdes de notre temps : quelles fonctions, quelle place pour l’habitat, pour les services publiques, en quoi le pouvoir municipal peut-il agir sur cette situation… et au-delà les composantes du district formant avec Vesoul une communauté de vie et de projet.

Nous savons aussi que dans la dilatation/dilution actuelle des espaces urbains, un centre est plus que jamais nécessaire à la construction d’une identité collective

C’est pour tout cela que nous appelons à un débat public, une réflexion collective.

 

Pour l’urbanisation cette fois, c'est-à-dire la question de la place de Vesoul dans les réseaux urbains, à une échelle plus large, dans ses territoires proches et plus ou moins éloignés, le département, la région, les grands axes, tout ce qui permet de poser la question en termes d’attractivité relève d’instances décisionnelles régionales, nationales et européennes.

Force est de constater que les tendances lourdes découlant d’une concurrence généralisée nous desservent, comme nous dessert le caractère très sélectif des critères d’attractivité des investissements : bassin de peuplement et de consommation, centre universitaire et de recherche, présence des centres décisionnels, transports rapides et « effet tunnel »… Tout pousse à la concentration dans les métropoles et le long des littoraux et des axes de transport, à la formation d’indurations dont notre villes est écartée.

 

Ce qui est navrant dans cette situation c’est que, contrairement aux politiques antérieures d’aménagement du territoire fondées sur les diverses dimensions de redistribution des richesses et des activités, de la proximité des services publiques et des aides de l’Etat, les politiques menées depuis maintenant environ 25 ans sont des politiques pro cycliques qui accompagnent et renforcent ces tendances. Du livre blanc de Raffarin à la réforme récente des territoires, il s’agit de renforcer les plus forts dans le cadre d’une concurrence désormais générale. Cette orientation joue à toutes les échelles et produit de véritables déprises dans nos territoires et un creusement constant des inégalités sociales et géographiques.

Sans inversion de cette perspective, qui dépasse bien sûr le cadre municipal et suppose un autre projet politique, les atouts en faveur d’un renforcement de Vesoul sont minces.

L’évolution du réseau de transport routier en est une illustration ; on voit en effet des 2x2 voies se construire en Haute Saône, mais il ne s’agit pas d’un projet de développement de notre département, même si il peut en profiter par ailleurs ; un tel projet supposerait de placer Vesoul au cœur de ce réseau nouveau afin de connecter notre ville aux transports rapides. On ne parlera pas, ici des heurs et malheurs de la ligne Paris-Belfort ou encore de l’autoroute serpent de mer.

Non, il s’agit par ces voies rapides d’accompagner et structurer la puissance d’attractivité des grandes villes et métropoles périphériques à notre département : Besançon jusqu’à Rioz ; Belfort-Montbéliard jusqu’à Lure ; Epinal-Remiremont jusqu’à Luxeuil …

Il en découle une logique centrifuge pour la Haute Saône et ses travailleurs, que la faiblesse et l’affaiblissement de Vesoul, ville-centre et ville-préfecture, ne saurait combattre seule. La faiblesse de la capacité de polarisation de la ville-centre du département, à la fois cause et conséquence de ces logiques centrifuges nécessite une mobilisation afin d’infléchir les politiques menées en matière d’infrastructures de transports routiers et ferroviaires, de services publics et de soutiens aux activités économques.

 

Face à cette situation, c’est plutôt la politique du solo funèbre que joue la majorité municipale.

Car un malheur n’arrive jamais seul.

Au-delà de la baisse constante des dotations de l’état (perte de 1,2 millions environ en 3 ans), le calcul de la dotation globale de fonctionnement se fait sur la population. Donc encore une recette supplémentaire qui va diminuer. Tout comme la taxe d’habitation, dont on ne connaît toujours pas son remplacement, et à quelle hauteur.

Ce qui va encore un peu plus pénaliser les finances des collectivités locales.

Et surtout, nos collectivités n’auront plus d’autonomie financière, dépendant uniquement des dotations de l’état !

Et n’oublions pas que la ville de Vesoul et sous le contrôle et l’œil de la chambre régionale des comptes, qui somme la ville de Vesoul de se mettre en conformité avec l’actualité de ses chiffres dans ses documents budgétaires.

Frédéric BERNABE.